EILEEN GRAY

Entre 1926 et 1929, lorsqu’elle construit la villa avec son compagnon l’architecte Jean Badovici (1893-1956), le nom de cette maison de vacances imaginée à deux naît de l’imbrication de leurs initiales : « E pour Eileen, 10 du J de Jean, 2 du B de Badovici, 7 du G de Gray », le nom de la villa imbrique leurs initiales.

EILEEN GRAY

(1878 - 1976)

9 août 1878. Naissance de Kathleen Eileen Moray en Irlande, dans le comté de Wexford, près d’Enniscorthy dans le manoir de Brownswood.

En 1900, sa mère l’emmène à Paris visiter l’exposition universelle.

En 1901-02, elle part à Londres où elle fréquente la Slade school of fine arts, école de peinture pour jeunes gens de la high society. L’année suivante, elle se rend à Paris pour étudier le dessin et s’inscrit à l’atelier Colarossi puis à l’Académie Jullian.

En 1905, Eileen Gray rentre soigner sa mère à Londres. Elle y découvre la laque chinoise de l’atelier de restauration de D. Charles où elle est aussitôt acceptée comme apprentie.

En 1907, elle s’installe 21 rue Bonaparte à Paris, dans un appartement du XVIIe siècle qu’elle conservera toute sa vie.

En 1909, elle voyage au Maroc avec Evelyn Wyld, une amie d’enfance, dans le but d’apprendre à fabriquer des tapis à l’instar de Da Silva Bruhns. Peu après, elle installe son atelier parisien rue Visconti.

En 1913, elle expose ses laques au Salon des Artistes Décorateurs.

En 1914, le couturier Jacques Doucet lui achète son paravent à quatre feuilles « le destin ». Par la suite, il lui commande différentes pièces de mobilier.

En 1920, lors d’un voyage au Mexique, Eileen Gray visite notamment Teotihuacan (dont un plan figurera dans l’une de ses maisons méditerranéennes.)

En 1922, elle inaugure sa boutique, la galerie Jean Désert, au 217, rue du faubourg-Saint-Honoré à Paris, face la salle Pleyel. Exposant au salon d’automne, elle y rencontre Robert Mallet-Stevens qui lui commande un tapis et un meuble pour la villa des Noailles qu’il construit à Hyères.

En 1923, elle est invitée à la XIV e exposition de la Société des artistes décorateurs (SAD) et présente chambre à coucher pour Monte-Carlo (ou hall 1922). La même année, Léonce Rosenberg présente à la galerie de l’Effort moderne une exposition consacrée à l’architecture hollandaise. C’est peut-être à cette occasion qu’Eileen Gray rencontre le jeune architecte d’origine roumaine Jean Badovici.

En 1924, Pierre Chareau invite Eileen Gray à exposer des objets dans son stand de la s.a.d. La revue hollandaise, « Wendingen » (en français « tournant Décisif ») qui est proche du mouvement de Stijl, consacre un numéro à Eileen Gray avec une introduction de Jan Wils et un article de Jean Badovici.

En 1926, « maison pour un ingénieur » ne fait encore partie que de son œuvre projetée. C’est au Cap-Martin, à Roquebrune, qu’elle choisit un terrain qu’elle achète au nom de Badovici, et commence à travailler à partir de maquettes et de plans. Elle étudie la topographie, la trajectoire du soleil et le sens des vents.

En 1926-1929, elle suit le chantier de la villa de Roquebrune Cap-Martin pour laquelle elle fait venir quelques meubles de la galerie Jean Désert. Elle en conçoit de nouveaux pour la villa et certains sont intégrés dans les murs. Douée d’un sens pratique, elle élabore une sorte de « mobilier de camping », escamotable et souvent à double fonction. Jean Badovici vient la conseiller quand son travail de rédacteur en chef parisien lui en laisse le temps.

En 1929, suite à la crise économique , elle ferme ses boutiques (Jean Désert et la rue Guénégaud). E-1027 a les honneurs du tout premier numéro de « L’Architecture d’aujourd’hui ».

En 1932, au bord de la route qui mène à Castellar dans les Alpes Maritime, Eileen Gray commence, cette fois sans l’aide de Badovici, la construction d’une seconde maison, « une maison à soi », qui nécessitera deux années de travaux.

En 1934, elle conçoit des meubles pour cette maison qu’elle vient de terminer.

En 1937, elle présente au Pavillon des Temps nouveaux de Le Corbusier, son projet de Centre de vacances et de loisirs intégrant des bungalows préfabriqués et démontables.

Dans les années 1946-1947, Eileen Gray qui s’attelle à la recherche de solutions face aux problèmes sociaux de son époque, commence à travailler sur un Centre culturel et social et elle élabore le projet d’un Club ouvrier.

En 1956, Jean Badovici meurt à Monaco.

En 1960, La villa E-1027 est vendue à Mme Schelbert, une relation de Le Corbusier qu’il fait venir de Suisse.

En 1972, le paravent « Le destin » de la collection Jacques Doucet est vendu aux enchères à un prix record à l’hôtel des ventes de Drouot, ce qui contribue à faire redécouvrir Eileen gray et son œuvre. elle est nommée Royal designer for industry en Angleterre.

En 1973, elle a droit à une rétrospective du RIBA (Royal Institute of Architects) à Londres, à une exposition itinérante aux Etats-Unis et elle est élue Honorary Fellow en irlande.

Le 31 octobre 1976, Eileen Gray meurt à Paris.

En 1999, la villa E-1027 est classée comme Monument Historique.

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